Minérales, de table, ou de source : histoire d'eaux

Les packs d'eau en bouteilles s'accumulent dans les rayons "eau" des grandes surfaces. Comment distinguer eau de table, eau minérale et eau de source ? Essayons donc de nous repérer dans la jungle des eaux en bouteille. Mais surtout : appliquons 8 astuces de base pour bien consommer l'eau du robinet.
Les français boivent plus de 12 milliards de litres d'eau embouteillée par an, soient 200 litres par an et par personne. Ce qui nous place au deuxième rang européen, derrière les italiens qui en boivent 208 litres par an. Nous sommes donc de très gros consommateurs d'eau que nous appelons généralement "minérale" par rapport à celle du robinet. Or les "eaux de tables" et les "eaux de source",
si elles sont embouteillées, ne sont pas pour autant des eaux minérales. Les eaux en bouteilles sont pour la plupart issues de sources, dont l'hexagone est très riche. Mais pas obligatoirement.
L'eau du robinet
L'eau du réseau est fournie par les compagnies de distribution, publiques ou privées. Elle se doit d'être potable, c'est-à-dire répondre aux normes sanitaires et ne pas porter atteinte à la santé. Les critères de potabilité pour la consommation humaine (chimiques, micro-biologiques et toxicologiques) sont extrêmement stricts. L'eau provient, selon les régions, de nappes souterraines, de sources ou de cours d'eau.
Avant d'arriver dans nos éviers et nos lavabos, elle a subi des filtrages et a été traitée par des produits antibactériens (chlore ou ozone) de façon à détruire tout germe microbien. Cependant dans certaines régions, elle est trop riche en nitrates (c'est désormais un gros problème en Bretagne, lié à la densité d'élevages de porcs) et dépasse la norme européenne qui est de 50 mg par litre.
Les eaux de table
Ce sont les moins chères du marché. Elles proviennent souvent d'une source, mais elles peuvent être aussi de l'eau de distribution publique tout simplement mise en bouteille, après un traitement spécifique éventuel. D'où qu'elles viennent, ces eaux sont simplement tenues de respecter la réglementation sur l'eau potable. Et c'est tout ! Observez l'étiquette. L'origine de l'eau y est obligatoirement indiquée. C'est la seule obligation légale avec l'indication du volume contenu dans la bouteille.
Les eaux de source
D'origine souterraine, celles-ci viennent d'une source bénéficiant d'une protection contre la pollution, qui fournit de l'eau potable à l'état naturel. Pour exploiter cette source, une autorisation préfectorale est nécessaire. Ces eaux sont mises en bouteille dès la sortie de leur source ou de celles des canalisations menant à la station d'embouteillage. Elles ne subissent ni traitement chimique, ni adjonction, ni aucune manipulation car tout est automatisé. Elles doivent satisfaire aux critère de potabilité, ce qui n'est pas forcément le cas d'une eau minérale naturelle. L'étiquetage indique sa nature, son origine, le numéro de l'autorisation préfectorale d'exploitation de la source et le volume d'eau contenu dans la bouteille.
Les eaux gazéifiées
Ce sont des eaux de sources, minérales ou non, ou de distribution publique, dans lesquelles on a ajouté un gaz dissous, d'où leur nom. Il s'agit de gaz carbonique (CO2) ou d'un autre gaz provenant d'une nappe souterraine. La nature de l'eau, son origine et le traitement qu'elle a subi sont obligatoirement mentionnés sur l'étiquette.
Les eaux minérales
Les eaux minérales proviennent bien sûr de sources (Vittel, Volvic, Perrier, Evian, St Michel, Saint-Yorre, Salvetat, Vichy...il en existe des dizaines en France et en Europe). Elles doivent être de nature à apporter, dans certains cas, des propriétés favorables à la santé. Elles ne sont pas potables au sens réglementaire (on ne pourrait pas les distribuer au robinet). Car, comme leur nom l'indique, elles contiennent des sels minéraux, dont les plus connus sont le calcium, le magnésium, le sodium et le potassium.
Ces minéraux leur confèrent des propriétés thérapeutiques, (avec les contre-indications afférentes), justifiant leur classement en eaux minérales. Par exemple, les eaux riches en magnésium sont indiquées dans les cas de spasmophilie. A l'inverse, les eaux riches en sodium sont contre-indiquées en cas d'hypertension (régime sans sodium). On classe ces eaux en trois groupes : peu minéralisées, sulfatées calciques, bicarbonatées sodiques. Elles doivent faire l'objet d'autorisations spécifiques et répondent à une législation différente des eaux de sources qui ne contiennent pas de sels minéraux, ou seulement à l'état de traces. Et surtout, ne perdez jamais de vue
Qu'il faut boire en moyenne 2 litres par jour pour un adulte (bouillons, boissons chaudes ou froides, tisanes, eau sous toutes ses formes), et davantage par temps chaud, en cas de fièvre ou d'activités physiques. Et huit astuces pour la bonne consommation de l'eau du robinet :
- Laissez couler l’eau jusqu’à ce qu’elle soit fraîche avant de la boire
- Laissez l’eau s’aérer quelques minutes dans votre verre ou votre carafe
- Protégez l’eau dans une bouteille ou carafe fermée par un bouchon ou film plastique
- Ne gardez pas votre eau plus d’une journée dans une bouteille ou carafe. Changez-la
- Rincez votre bouteille ou carafe à chaque utilisation
- Nettoyez régulièrement votre carafe avec de l’eau vinaigrée et du sel et rincez bien
- N’utilisez jamais le robinet d’eau chaude pour préparer vos boissons ou faire la cuisine, faites chauffer de l’eau froide.
- Changez régulièrement vos glaçons dans le congélateur
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