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L'Administration de la Santé doit rester neutre et objective

min-santeLes preuves de l’efficacité des thérapies cognitivo-comportementales ont été escamotées avec le rapport par le Ministre de la Santé. L'Inserm se dit choqué par le désaveu du ministre.


Balayée, enterrée. Le ministre de la santé ne veut plus entendre parler de l'expertise collective de l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm) consacrée à l'évaluation des psychothérapies. C'est devant ceux qui avaient le plus combattu ce travail de recherche - les psychanalystes du Forum des psys - que Philippe Douste-Blazy a annoncé, samedi 5 février, qu'il avait fait retirer du site Internet de son ministère ce rapport dont " le contenu et la promotion vous ont particulièrement offensés " (Le Monde du 8 février).
De mémoire de chercheur, c'est la première fois qu'un ministre de la santé conteste une expertise collective menée pendant près de deux ans par un organisme public, l'Inserm, à la demande de la direction générale de la santé (DGS). Lors de sa publication, en février 2004, la DGS avait d'ailleurs reconnu qu'il s'agissait d'un " bon travail ".
"Je suis très étonnée et assez scandalisée par cette réaction. Nous avons travaillé comme d'habitude, en demandant à un groupe d'experts reconnus de mener une analyse critique rigoureuse de la littérature scientifique internationale consacrée à l'évaluation des psychothérapies", explique Jeanne Etiemble, directrice du centre d'expertise collective de l'Inserm.
Les résultats de cette étude, qui montrent que les thérapies cognitivo-comportementale (TCC) sont celles qui ont le plus fait la preuve de leur efficacité, avaient heurté une partie de la profession (Le Monde du 26 février 2004). "Ce que nous avons surtout recommandé, c'est de promouvoir les évaluations", précise Olivier Canceil, psychiatre au centre hospitalier Sainte-Anne, à Paris, et membre du groupe d'experts de l'Inserm.

Philippe Douste-Blazy a donc choisi de désavouer une expertise scientifique (...). " En prenant cette position, le ministre ne rend pas service à la profession, estime Jeanne Etiemble. Il faut informer les professionnels de santé et les patients sur le bilan des connaissances et ouvrir l'offre de soins." "A moins de dire que la littérature scientifique internationale ne vaut rien, sur quoi se fonde le ministre pour critiquer le rapport ?", s'interroge le neuropsychiatre Jean Cottraux, l'un des experts de l'Inserm, qui se dit "choqué" par cette attaque.


Source : Sandrine Blanchard - Le Monde 09 février 2005 - www.lemonde.fr
 
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